Sene Decouverte
   

Enquête sur l’esclavage sexuel dans les sites d’orpaillage de Kédougou : plongée dans un business crapuleux

Alexis revient de loin. De très loin. A 16 ans, la fille s’est retrouvée prise au piège d’une célèbre proxénète à Kédougou, Gloria. Aujourd’hui, retournée chez elle après un passage tumultueux dans un site d’orpaillage, la jeune fille ressasse cet épisode de sa vie, des trémolos plein la voix. << j’ai vécu le pire cauchemar de ma vie >>, pleure-t-elle. Issue d’un milieu modeste, Alexis et une de ses amies agées de 17 ans ont été approchées par deux hommes qui leur promettaientt un avenir meilleur en Europe. Crédules, les deux jeunes filles sont tombées dans le piège. Pieds et poings liés. << Ils nous ont fait croire qu’on allait trouver du travail en Europe, mais d’abord, il nous fallait transiter par le Sénégal où leur patronne, Gloria, détenait une unité de fabrication de chaînes en or et un réputé salon de coiffure. >> Les yeux plein d’étoiles et la tête farcie de rêves d’ailleurs, Alexis et sa camarade accéptent. Sans se poser trop de questions. Enrolées par les complices de Gloria, les filles prêtent serment et jurent de ne point trahir. Commence alors un long voyage avec une première halte à Cotonou, au Bénin où l’un des convoyeurs et les filles passent la nuit dans un établissement hôtélier de la place. << Il s’est même payé le luxe de nous acheter des habits à la mode. >> Le lendemain, ils continuent l’odyssée et font une autre escale à lomé, encore une nuit dans un hôtel et de nouveaux habits achetés pour les jeunes proies. Le subterfuge est tellement bien huilé qu’Alexis et sa camarade finissent par croire que l’Eldorado n’est pas loin. C’était le début du cauchemar. << Une fois à Bamako, le convoyeur appelé une certaine Gloria afin que celle-ci vienne nous chercher à Moussala, une ville frontalière avec le Sénégal, du côté du corridor Dakar-Kédougou-Bamako. Une fois en terre Sénégalaise, Gloria nous a acheminées à Sambrambougou et nous a trouvé de nouvelles pièces d’identité sur lesquelles il était mentionné que nous avions 18 ans au lieu de nos 16 et 17 ans.>> Puis, Alexis et sa camarade ont été conduites dans leurs nouveaux logements. Mais en lieu et place de villas consues comme leur avait assuré le convoyeur, elles se retrouvent dans des taudis. << Je n’en revenais pas, le ciel s’écroulait sur ma tête, surtout quand notre patronne nous a clairement signifié qu’en fait d’entreprise de fabrication de chaîne en or et de salon, il n’était question que du plus vieux métier du monde. Nous avons été convoyéses depuis le Nigéria pour devenir des prostituées et Gloria était notre proxénète. >> Alexis tombe des nues. Mais elle n’était pas au bout de sa surprise. << Gloria nous a signifié qu’il fallait qu’on fasse le travail pour lui rembourser les frais de notre voyage qui s’élevait à 1500000 FCFA par tête avant de retrouver notre liberté >>, hoquète Alexis avant de poursuivre : << la première nuit, elle nous a envoyé un de ses body-guards qui devait se charger de notre « initiation ». Face à notre refus, il nous a violées. >> Alexis tombe malade, mais réussit à s’enfuir. Elle tombe sur un homme qui la prend en pitié et lui offre de quoi se faire consulter. Munie de ses médicaments, ellerallie Kédougou où un de ses compatriotes l’oriente vers la brigade de gendarmerie. Alexis raconte au commandant sa mésaventure. Ce dernier et ses hommes filent la proxénéte Gloria avant de la cueillir et la déférer au parquet de Tambacounda. La jeune fille sera récupérée par les techniciens duncentre d’accueil, d’orientation et de réinsertion socioprofessionnelle de l’Ong << la Lumière >> sis à kédougou. << « Ici, l’on me considère comme leur fille, je me sens chez moi, mais je voudrais que l’on m’aide à retourner au bercail ». C’est ce que ne cessait de répéter Alexis. Finalement, on l’a aidé à retrouver les siens >>, confie le Secretaire exécutif de cette organisation, dans tous ces états, car cette fille mineure sera la deuxième à être renvoyée chez ses parents. Certes Glauria a été arretée, mais combien de proxénètes courent encore dans ces sites d’orpillage ? Combien de mineures vivent encore le trauma d’Alexis ?

dakarbuzz

https://www.youtube.com/watch?v=lt3ftHo3i_k

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