Sene Decouverte

Malicounda : « On a déjà vendu nos océans à des multinationales. Aujourd’hui avec l’agrobusiness on est en train de donner tout aux multinationales! » (Ousmane Sonko)

   

En déplacement dans le département de Mbour, précisément à Malicounda au niveau du village de Keur Malick Ba, le leader de Pastef n’a pas fait de cadeau au régime en place. Le bradage du foncier, les licences de pêche ont été au cœur de son face face avec la presse Mbouroise.

“Je suis là en tournée nationale de contact avec la base et de constatation avec ce qui a été fait par les militants suite à mon appel au retour vers la terre dans le cadre des vacances agricoles patriotiques. Ils ont fait un excellent travail qui est au delà de nos espérances. C’est un programme qui s’étend sur plusieurs années et les années à venir seront plus intenses. Un membre des cadres du parti a fait une importante production arachidière, bcp de niébé, des plantations de manguiers etc…

C’est l’une des solutions. Ce qui se passe est dramatique. Si on avait exploité tout notre potentiel, les jeunes n’auraient pas trouvé à aller ailleurs. Les pays où ils se rendent, ce sont des pays qui ont fait le sens inverse, qui ont su capitaliser tout leur potentiel. Nous avons des sols très arables, nous avons de l’eau, au bas mot, nous avons 178 km de côte. Nous avons un espace maritime à développer et très poissonneux. C’est pas pour rien que les occidentaux et les asiatiques viennent signer des accords de pêche avec l’État du Sénégal, prennent toutes nos ressources qu’ils viennent nous revendre en pot. Nous avons un sous-sol très riche, avant la découverte du gaz et du pétrole nous avions déjà du phosphate, du zircon… Un pays qui a toutes ces ressources, c’est inadmissible que ses jeunes aillent s’aventurer ailleurs. Nos autorités publiques n’ont pas fait ce qu’elles devraient faire et là où elles devraient le faire. Aujourd’hui avec l’agrobussiness, on est en train de tout donner aux multinationales et le pire c’est qu’on le donne aux étrangers qui viennent faire de grandes exploitations mais pas pour la consommation locale, car 90% de la  production sont exportés. Ils ne sont pas faits pour la consommation locale et avec tout le foncier, on arrache la terre des paysans. Ici à Mbour, nos pêcheurs sont obligés d’aller en Guinée ou en Mauritanie où ils se font arrêter parce qu’on a vendu notre océan à des multinationales. C’est tout le sens du combat qu’on a mené autour des ressources naturelles; mais ce qui se passe est extraordinaire avec des contrats gracieusement accordés par nos autorités politiques au profit d’étrangers qui eux vont gagner 100 fois plus que nous sur notre propre or, notre propre zircon, notre propre pétrole, notre propre gaz. Quand un pays est géré comme ça, il n’y a pas d’espoir pour les jeunes. Ce pays ne peut pas produire d’emplois, ne peut pas réduire la pauvreté, il ne peut pas construire d’infrastructures sanitaires, il ne peut pas construire suffisamment d’infrastructures socio-économiques de base qui sont indispensables pour booster un développement. Malheureusement des jeunes désœuvrés qui n’ont plus d’espoir te disent mieux vaut risquer la mer pour aller en Europe.

Le manque d’eau est inadmissible. C’est dramatique. C’est le résultat d’un manque de planification de l’État. Quels que soient les besoins de l’État, quels que soient les chantiers à faire, on doit faire précéder les études d’impact qui tiennent en compte plusieurs paramètres.

Sur les semences, de Ndioum à Saint Louis, le problème s’est produit, on donne des semences de mauvaise qualité. C’est des semences ordinaires pas certifiées qu’on met dans les sacs prétextant que c’est certifié avec la mention certifié sur le sac. Quand les gens mettent le semi, ils voient le riz sauvage à côté du riz de bonne qualité. C’est ce qui a été déploré ici avec la semence de l’arachide. Le pire c’est la difficulté à accéder à la semence et aux intrants. On a posé la question de l’engrais. Les hommes politiques trouvent des intermédiaires qui remettent les intrants à 5 000 f et eux les revendent aux paysans à 11 000f et derrières chaque opérateur se trouve tapis dans l’ombre un acteur politique a qui on rétrocède une grande partie du butain. Et là c’est le paysan qui supporte toute la peine sous le soleil. Mais in fine, il n’aura rien.

La première satisfaction est que les jeunes ont répondu à mon appel, mais pas le rendement. Je ne suis pas sûr que si certains acteurs faisaient un appel ils auraient cette même mobilisation. Et ça c’est important pour nous. Nous n’avons pas le droit de trahir cette jeunesse qui croit en nous. Ça nous motive à faire encore plus. On en tire une fierté particulière…”, dira encore Ousmane Sonko.

Senedecouverte.com (SD Tv)

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