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Mutations et variants du SARS-COV-2 : Le cours magistral du Professeur Souleymane Mboup

Le président-fondateur de l’Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef), le Professeur Souleymane Mboup, dans une vidéo conférence organisée par l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal la semaine dernière, a expliqué les mutations des variants du Sars Cov 2. Ainsi, il soutient que le variant britannique a une propriété particulière de contagion et a actuellement touché 70 pays. Le virologue a tenu à préciser que la variabilité est un moyen d’adaptation de ce virus qui va permettre de s’adapter à son milieu. Les variants de ce virus ont des propriétés particulières de contagion.

12 000 mutations identifiées

Poursuivant ses explications, la blouse blanche a fait savoir que les virus Sars-Cov 2 sont des virus à ARN et les virus à ARN font souvent des erreurs du cycle de réplication virale au fil du temps avec une moyenne de 1 à 2 mutations par mois. Ce qui est moins élevé pour la grippe et quatre fois beaucoup moins élevé pour le VIH. Jusqu’à ce jour, indique le scientifique, on a identifié 12 000 mutations et ces dernières, n’ont pas les mêmes conséquences.

Reconnu mondialement pour sa science, avec notamment la découverte du VIH 2, le Pr Mboup relève que ces variantes, qui ont été découvertes en décembre 2020, sont particulièrement contagieuses comme le variant britannique, le variant sud- africain et le variant brésilien. « Le premier, notamment le variant Britannique, est connu pour se propager rapidement et il a touché actuellement 70 pays », avoue-t-il.

Identifié en Angleterre pour la première fois, le variant britannique encore appelé VUI 20-2012 (Variant Under investigation) et nommé variant b-1-1-7 par le consortium covid-19 génomics uk (cog-uk), a été repéré chez des patients immuno déprimés atteints chronologiquement de la Covid-19. Chez ces patients, il y avait une persistance de 2 à 4 mois de ce coronavirus.

Pour lui, ce temps était assez suffisant pour qu’il ait une réplication virale. Et cette réplication virale entraîne des mutations caractérisées par 18 mutations dont 8 dans la protéine de spicule et 2 mutations majeures qui sont la N501Y et la P681H, combinées alors qu’initialement, dans les autres variantes, ils étaient différents d’où la caractéristique de cette nouvelle combinaison de variante qui a acquis de nouvelles propriétés.

Par ailleurs, le virologue a souligné l’existence de mutations supplémentaires qui n’avaient pas de correspondance de changement de protéine qui sont au nombre de 23. C’est une nouvelle souche qui est de 23 sur 29 903 nucléotides qui sont assez faibles d’où l’appellation de variant. « C’est un variant qui a dominé les résultats en quelques mois en grande Bretagne. Et le 18 décembre, on a eu le variant 501. V2 d’Afrique du Sud qui est différent du variant britannique qui a été découvert dans ce laboratoire », a-t-il laissé entendre.

Un impact sur les vaccinations

Le président-fondateur de l’Iressef a souligné dans sa vidéo conférence que ces nouveaux variants peuvent avoir un impact négatif sur les vaccinations. Pour lui, ces nouveaux variants présentent des mutations dont le E484K qui génère une certaine fébrilité chez les scientifiques, car elle rendrait les vaccins moins efficaces. « Le E484K diminue la reconnaissance du virus par les anticorps par sa neutralisation. Un phénomène observé par des analyses réalisées sur le plasma de personnes ayant contracté la Covid-19 et il faut 45 jours pour le changement de ce virus. Ce qui veut dire que son impact sur les vaccinations est quelque chose qu’on ne peut pas exclure », fait observer le Pr Mboup.

Les tests PCR peuvent ne pas détecter ces nouveaux variants.

Concernant l’efficacité des tests PCR avec la découverte de cette nouvelle variante Britannique, le Patron de l’Iressef rapporte que des scientifiques britanniques ont montré qu’il y avait le potentiel d’avoir des résultats négatifs avec quelques tests de dépistage et c’est pour cela qu’il est recommandé des tests de dépistage qui ont au moins deux antigènes différents pour la détection primaire de l’infection et dans différentes régions du génome.

En Angleterre, révèle-t-il, des scientifiques ont découvert que les TDR de dépistage de masse peuvent identifier le variant. Et la firme Roche affirme également que les tests moléculaires pour Covid-19 ne sont pas probablement affectés. Ce qui veut dire, selon lui, que le risque est là.

Une capacité de contamination extrêmement rapide

Pour la caractéristique de ce nouveau variant, le scientifique estime que ce nouveau variant a une  capacité de contamination extrêmement rapide. « Il représente dans certains pays entre 60 à 75 des infections avec des mutations majeures comme la N501Y qui renforce l’affinité d’attachement récepteur ACE2 et E484K qui diminue la reconnaissance du virus par les anticorps et donc sa neutralisation », a-t-il indiqué avant de noter des associations de mutations qui semblent importantes et ces mutations semblent donner un avantage aux variants qui les portent. À l’en croire, ces combinaisons de mutations pourraient se révéler plus efficaces que les autres.

Rappelons que c’est le Professeur Souleymane Mboup qui a détecté le variant anglais dans des prélèvements faits sur un patient au Sénégal. Mais à l’en croire, le taux de circulation de ce variant est bas. Néanmoins, il invite les scientifiques à surveiller ce nouvel arrivant qui, s’il parvient à échapper à la vigilance de la communauté scientifique, peut faire des ravages dans notre pays. La population est aussi appelée à respecter les mesures barrières pour empêcher l’ennemi de sévir.

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